Eléments statistiques relatifs aux violences conjugales

L’AMPLEUR DES VIOLENCES CONJUGALES

L’ENQUÊTE NATIONALE SUR LES VIOLENCES ENVERS LES FEMMES EN FRANCE MÉTROPOLITAINE (ENVEFF), réalisée en 2000, a permis de mesurer l’ampleur des violences subies par les femmes françaises. Selon cette enquête, réalisée auprès de 6 970 femmes âgées de 20 à 59 ans :

  • près d’une femme sur 10 a été victime de violences conjugales (verbales, psychologiques, physiques, sexuelles …) au cours des douze derniers mois.

  • plus d’une femme sur 10 a subi une agression sexuelle au cours de sa vie. www.ladocumentationfrancaise.fr

En 1993/1994, une enquête a été réalisée en France sur les violences conjugales subies après une naissance (Saurel-Cubizolles et coll., 1997). Dans trois maternités, l’étude a porté sur les violences subies pendant les douze mois qui ont suivi la grossesse de femmes primipares ou secondipares. L’enquête concerne 761 femmes avec un taux de réponse de 93 % :

  • la fréquence des violences est de 3 à 6 % des cas, les violences de la part du conjoint représentant 4 % ; les violences sont plus fréquentes si le couple est instable et le conjoint sans emploi ;

  • il n’y a pas de différence significative selon l’âge de la femme, son niveau d’études, qu’elle ait ou non un emploi, qu’elle soit primipare ou secondipare ;

  • les femmes victimes de violences ont plus souvent déclaré des fausses couches antérieures (31 % contre 17 % pour celles qui n’ont pas subi de violences) ; elles consomment plus de psychotropes (7 % contre 2 %).

LE RISQUE DE SUBIR DES VIOLENCES EST MUTIPLIÉ PAR 5 POUR LES VICTIMES AYANT SUBI DES SÉVICES, NOTAMMENT SEXUELS, DANS L’ENFANCE ET PAR 3 POUR LES VICTIMES AYANT ÉTÉ TÉMOINS DE VIOLENCE CONJUGALE DANS L’ENFANCE. 5 fois plus de risque suicidaire dans cette population.(Rapport Henrion, La Documentation Française, février 2001).

En 2012, 174 personnes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire : 148 femmes et 26 hommes (dans 65 % des cas les criminelles étaient elles-mêmes victimes de violences conjugales). En outre, on compte 34 personnes victimes collatérales pour la plupart des proches du couple et 14 homicides de rivaux réels ou supposés. A ces chiffres il faudrait ajouter les suicides d’auteurs et de victimes, les suites de maladie et les « accidents » liés aux violences. (La Lettre de l’Observatoire des violences faites aux femmes n°1 – novembre 2013).

En 2012, 9 enfants mineurs ont été tués par leur père en même temps que leur mère et au moins 16 enfants mineurs ont été tués en raison de séparations non acceptées ou de violences graves au sein du couple (sans qu’un autre parent ne soit victime). (Ministère de l’Interieur, Délégation aux victimes -rapport 2013).

En 2013, 129 femmes et 30 hommes ont été tués par leur compagnons/es ou ex-compagnons/es. Dans le cadre de violences au sein du couple, 33 ENFANTS SONT DÉCÉDÉS, tués par un parent ou beau-parent.(Ministère de l’Intérieur, Délégation aux victimes – Etude nationale sur les morts violentes au sein du couple – année 2013).

LE COUT DES VIOLENCES

Le coût global imputable aux violences conjugales en France est de 2 472 MILLIARDS € PAR AN.

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